
Comment es-tu arrivé à l’athlétisme Fabrizio?
Ma famille a toujours été liée à l’athlétisme. Mon père a été plusieurs fois champion national du Pérou, et détient encore aujourd’hui le record national péruvien du relais 4×100 m avec mon oncle et deux autres athlètes.
De plus, ma grande sœur est la meilleure sauteuse de l’histoire du Pérou, avec un record national de 6,66 m en saut en longueur.
Ma mère était également athlète, spécialisée en saut en longueur et en saut en hauteur. Elle a rencontré mon père à la VIDENA, le stade d’athlétisme de Lima.
Ils ont été mes principales sources de motivation pour poursuivre dans l’athlétisme.
Que représente l’athlétisme pour toi ?
L’athlétisme représente mon essence. Il reflète l’amour que je ressens pour le sport ainsi que ma personnalité compétitive et persévérante.
Je pense que le sport, en général, fait partie intégrante de qui je suis.
Qu’est-ce que tu aimes dans ce sport ?
J’aime le fait que ce soit un sport où l’on dépend de soi-même pour progresser. Très souvent, on se mesure à soi-même, au chronomètre ou au mètre ruban.
De plus, la satisfaction de réaliser la performance ou de gagner la médaille que l’on visait est une sensation incomparable.
Quelle est ta principale force ?
Je pense que ma principale force réside dans la manière dont j’aborde les entraînements et les compétitions. J’ai une grande capacité à croire en moi et au travail que j’accomplis.
Par ailleurs, mes objectifs sont très clairs, tout comme ce que je veux accomplir, indépendamment du fait que j’y parvienne ou non.
Comment gères-tu ton entraînement physique ?
Je suis une personne qui fait énormément confiance à ses entraîneurs et je travaille à 100 % selon la planification établie avec eux.
Mon entraînement varie selon la période de préparation ou de compétition, mais je m’entraîne généralement au moins cinq fois par semaine. Le travail se répartit entre la piste, la musculation, la pliométrie et la récupération.
Fais-tu de la musculation ? Si oui, quels types d’exercices ?
Le travail de force est extrêmement important en athlétisme. Nous réalisons beaucoup d’exercices explosifs, comme les squats, les sauts sur caisse, le travail des fessiers, les exercices unilatéraux et les mouvements d’haltérophilie.
Nous faisons également une grande variété d’exercices ciblant spécifiquement les muscles impliqués dans mes disciplines : le saut en longueur et le triple saut.
Et le mental, l’entraînes-tu aussi ?
Absolument. La psychologie du sport est très importante pour garder des objectifs clairs et faire face à des moments difficiles comme les blessures, les situations imprévues ou les résultats décevants.
C’est pourquoi je réalise des séances de préparation mentale orientées vers la performance sportive.
Quels sont tes points forts ?
Je pense être une personne qui performe souvent mieux en compétition qu’à l’entraînement. En général, je saute plus loin et je cours plus vite en compétition qu’à l’entraînement.
C’est quelque chose de très important pour moi, car la compétition et l’énergie du public dans les tribunes me motivent énormément. J’adore la compétition.
A l’approche d’un grand évènement est-ce que tu modifies tes habitudes alimentaires ?
Oui. J’améliore généralement beaucoup mon alimentation dans les semaines précédant une compétition. Avec le temps, on apprend quels aliments nous conviennent le mieux et lesquels il vaut mieux éviter.
Cependant, il est toujours important d’être accompagné par un nutritionniste ou une personne spécialisée pour être bien préparé avant une compétition.
« Le sport est une école de la vie ». Que penses-tu de cette phrase ?
Je suis totalement d’accord avec cette phrase. Le sport ne signifie pas seulement concourir, gagner des médailles ou réaliser des performances.
Le sport enseigne des valeurs, la résilience et l’esprit de compétition, des qualités dont chacun aura besoin à un moment de sa vie. Pour un sportif, vivre avec la pression, le stress et les moments difficiles fait partie du quotidien, et toutes ces expériences peuvent ensuite être transposées dans la vie professionnelle et personnelle.
Pourquoi as-tu décidé de t’installer en Suisse ?
Parce qu’une très belle opportunité de vie et de travail s’est présentée pour ma femme, et je la soutiens à 100 %. Nous avons donc décidé ensemble de nous lancer dans cette aventure dans un pays lointain et très différent du Pérou.
Quels sont tes objectifs sportifs pour l’avenir ?
Mon principal objectif est de représenter le Pérou aux Jeux panaméricains de Lima 2027.
J’espère également réaliser mes meilleures performances personnelles en saut en longueur et en triple saut à court terme, et continuer à progresser pour devenir l’un des meilleurs sauteurs de mon pays.
Quel est ton meilleur souvenir ?
Curieusement, mon meilleur souvenir en athlétisme n’est pas lié à une de mes compétitions, mais à un exploit de ma sœur.
Je n’ai jamais ressenti autant de bonheur sur une piste que lorsque je l’ai vue devenir championne bolivarienne en 2013 puis championne sud-américaine en 2015. Ce sont des émotions que je n’ai pas encore ressenties à travers un accomplissement personnel.
Et ton pire souvenir ?
J’ai connu des moments difficiles, surtout en lien avec les blessures sportives. Ma carrière a été compliquée sur ce point, car pratiquement chaque année j’ai dû arrêter pendant un certain temps à cause de blessures musculaires, articulaires ou tendineuses.
Sans aucun doute, ce sont les moments les plus difficiles que j’ai traversés.
Palmarès de Fabrizio Mautino
Champion national élite/seniors du Pérou
Triple saut (x3)
Saut en longueur (x2)
100 mètres (x2)
200 mètres (x1)
Vice-champion d’Amérique du sud U23 en saut en longueur
Médaillé ibéro-américain du relais 4 x 100 mètres
Meilleures performances
100 mètres = 10.73
Triple saut = 14m55
Longueur = 7m44

Récit recueilli par Frédy Auberson