Les aventures de Mo à St-Mo

Saint-Moritz “Top of the world”, un slogan qui en dit long sur la renommée de cette petite station des Grisons perchée à 1800 m d’altitude. Perdu dans la magnifique vallée de l’Engadine où les nombreux lacs reflètent les formes acérées des différents Piz, la ville offre des paysages et des levés/couchés de soleil remarquables.

C’est aussi un lieu empreint d’histoire, en particulier sportive, car c’est ici que se sont déroulés les jeux olympiques d’hiver de 1928 et 1948.
Aujourd’hui la ville accueille de nombreux athlètes de tous niveaux, en quête des bénéfices de l’entraînement en altitude tel que la domestication de quelques globules rouges; lesquels une fois en plaine serviront de catalyseur à de nouveaux records. Ces sportifs bénéficient également d’infrastructures optimales eu égard aux salles de sport, au centre de thalassothérapie et bien entendu de la mythique piste d’athlétisme où les tribunes semblent être les montagnes environnantes.
C’est donc ici que j’ai décidé de poser mes valises durant cet été 2022. D’une part parce que étant athlète professionnel depuis peu, je souhaite poursuivre cette vie en altitude ces prochaines années; et d’autre part pour profiter d’un grand bol d’air pur afin de soigner les séquelles d’une pneumonie qui m’a longuement handicapé ce printemps.
Mon “sparring partner” du mois de juillet est un illustre coureur de marathon, fraîchement recordman suisse de la distance, M. Tadesse Abraham (un record qui lui appartenait déjà). Mûre de ses nombreuses années sur le circuit il est précieux d’apprendre et de s’entraîner avec quelqu’un qui a été et reste un idole. Je me rends surtout compte à ses côtés que de ménager sa monture est primordial pour celui qui souhaite durer dans ce métier.


Le récent vainqueur de la Diamond league de Stockholm : Dominic Lobalu, me fait l’honneur de m’accompagner sur les séances de piste. Ainsi, nous goûtons ensemble aux recettes acides du chef Marco Jäger. Je m’émerveille devant le talent et la foulée de cet athlète qui semble venir d’une autre planète et ne pas connaître la gravité…


Nos entraînements débutent la plupart du temps aux aurores, à jeun et en compagnie d’athlètes européens de renom. Cela nous permet d’allonger la durée de récupération avant le footing de l’après-midi, mais aussi d’éviter la rush hour de 10 h.
Dans la vallée, le dédale de chemins à travers les forêts ou en bord de lacs nous permet de varier les parcours. Ces derniers sont vallonnés, mais les nombreuses relances sont l’occasion de jauger l’état de forme du jour. Seule une boucle plate de 5 km autour de l’aérodrome de Samedan nous permet d’effectuer les séances les plus rapides.
Après une quinzaine de jours de stage, en concertation avec Marco, nous décidons de tenter les minimas pour les championnats d’Europe dans un 10’000 m royal du côté de Versailles. Malheureusement, la course pourtant spécialement organisée dans le but de qualifier certains athlètes français est un échec cuisant, du fait d’une canicule étouffante… Sur les 15 partants, seuls 3 franchiront la ligne d’arrivée et je dois pour ma part mettre le clignotant à 8 km, la faute à un moteur en surchauffe…
Qu’à cela ne tienne ! Je me sens en bonne forme et je sais que ma frustration me nourrira pour la suite de ma saison estivale.
De retour à Saint-Moritz, je me prépare désormais pour des distances plus courtes : un 3000 m à Aarau, suivi une semaine plus tard d’un 5000 m du côté de Regensdorf; une distance que j’affectionne particulièrement. De plus, mes amis Aziz et Zouhair, respectivement grand espoir français et athlète lausannois ainsi qu’excellent masseur, m’ont rejoint. Je passe ainsi chaque jour quelques heures sur la table de massage (ou de torture…) au bord de la piste. Agrémenté de nombreux fous rires, la présence d’Aziz & Zouhair est une cure de jouvence.
Accompagné lors des compétitions de mon préparateur mental Marc Peoch, de Zouhair et d’une team On running extraordinaire, je n’ai aucune excuse pour ne pas battre mes records personnels datant de l’année dernière.
Mission accomplie ! En donnant le meilleur de moi-même jusqu’au dernier mètre, je réalise les temps de 7’55 sur 3000 m et 13’37 sur 5000 m et signe par ailleurs 2 victoires. En outre, je retrouve un plaisir immense à fouler le tartan !


Tout cela est de bon augure pour la suite de la saison sur piste qui se terminera mi-septembre pour moi; puis viendra le temps de la route, précédée d’un stage au (second) pays de Julien Wanders. Toujours à Saint-Moritz, je suis maintenant accompagné par la jeunesse dorée du Stade Genève en la personne d’Edmond Demoulin. A vélo, nous nous aidons mutuellement sur nos séances; c’est ce qui fait la force de notre groupe : “Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin !” 👊🏼