Marc Türler

Publié dans Portrait.

J’ai débuté l’athlétisme à l’âge de 9 ans en suivant les traces de mon frère Thomas, qui a commencé la course à pied avec la première édition de la Course de l’Escalade en 1977. C’était l’époque du renouveau du Stade Genève et nous avons tous les deux rejoint le nouveau groupe de jeunes du club mené par Pierre-Alain Pellet. L’équipe d’écoliers (U14) était alors très dynamique et fut bientôt reprise en main par notamment Eugène Diethelm, Pierre Dällenbach et ensuite aussi Victor Holler tous encore actifs comme entraîneur, chapeau !

Mes parents, Hans et Judka Türler ont finalement aussi suivi le mouvement en entraînant les U14 dès 1983 et jusqu’à 70 ans (2004) pour mon père, ma mère étant décédée en 1998.

N’étant pas trop doué pour le demi-fond, j’ai décidé de faire plus de vitesse en cadets (U18), sous la houlette de Xavier Blanc (actuellement à l’Aide Sportive Suisse), c’est alors que je me suis tourné vers le 400 m, ma discipline de prédilection (49’’71) et le saut en hauteur (1,86 m). J’ai réalisé ces meilleurs résultats en 1993 quand je m’entraînais sous les conseils de Jean-Pierre Passerat dans le même groupe que Sam Nchinda, Bernard Leuba et Jessica Barbey (Horner, à l’époque). On s’entraînait 4 à 5 fois par semaine, c’était assez intensif, mais l’ambiance y était très sympathique.

Mon plus grand succès et un super souvenir fut le titre de champion suisse de 4x400m glané en 1994 à Lucerne en 3’11’’39. J’étais le premier relayeur suivi des excellents Jean-François Zbinden, Pierre-Alain Simasotchi et finalement Kevin Widmer. Quelle équipe !

J’ai arrêté la compétition vers 26 ans, en gardant d’excellents souvenirs de compétitions, de rencontres et de camp de Pâques à Blonay et à Saillon, entre autres. Avec l’engagement de toute ma famille, l’athlétisme au Stade Genève a marqué ma jeunesse. J’y ai trouvé une excellente école de vie, un moyen de me développer physiquement et ainsi de prendre de l’assurance dans toutes mes activités.

Je n’ai jamais vraiment arrêté de courir et m’entraîne encore environ 2 fois par semaine avec des collègues de travail dans les bois de Versoix lors de la pause de midi. Cela me suffit juste pour participer de temps à autres à un semi-marathon, Morat-Fribourg ou Run-to-Run à Carouge et évidemment à la Course de l’Escalade où je me maintiens tout juste en EscaladeElite (29’59’’ en 2009). Un marathon complet reste encore un objectif d’avenir…

J’ai la chance de travailler à la campagne, près de Versoix dans un institut, l’ISDC, rattaché à l’Observatoire de Genève. L’ISDC est un centre de traitement, d’archivage et de distribution d’observations faites par des satellites de l’Agence Spatiale Européenne. J’y participe dans le cadre des missions INTEGRAL et Planck. Le premier satellite étudie l’émission de rayons X et gamma par des astres extrêmement denses comme les étoiles de neutrons et les trous noirs, tandis que Planck analyse la première lueur de l’univers émise il y a 13.7 milliard d’années, 380 000 ans après le Big Bang…

Comme astronome, je ne passe pas mes nuits derrière un télescope, mais plutôt mes journées dernière un écran d’ordinateur à analyser et interpréter physiquement des observations faites par des télescopes au Chili, aux Iles Canaries, ou même souvent dans l’espace comme avec les satellites INTEGRAL et Planck. Mon sujet d’intérêt principal est l’éjection de jets de matière par des trous noirs géants au cœur de galaxies lointaines, les quasars. Alors, effectivement, je ne crois pas aux soucoupes volantes, bien que la vie doit exister ailleurs que sur Terre, mais sous quelle forme et quel niveau de développement ? Mystère…

Côté musique, je joue de la flûte à bec depuis mes débuts en athlétisme. De nature fidèle, je suis toujours resté avec le même couple de prof. et joue encore environ une fois par mois le samedi matin de la musique d’ensemble de la Renaissance avec sept à huit autres, mené à la baguette par Ruth Pidoux toujours aussi dynamique en approchant la 90aine. La course et la musique ont l’air de bien conserver, alors je m’y accroche, avec aussi un zeste de jonglage, que je pratique pour le fun, la plupart du temps en vacances relax au bord de la mer…

En 1999, j’ai rejoint le comité du Stade Genève pour reprendre le poste d’organisateur de compétitions des mains d’Olivier Vittoz qui s’en occupait auparavant. J’ai tenu le poste jusqu’en 2007 avec plusieurs bons moments d’organisations de championnats genevois et suisses, mais aussi l’impression de toujours ramer un peu derrière, à cause de trop d’autres obligations et occupations. J’ai donc quitté le comité en 2007 pour me consacrer plus à ma famille et notre fille Jing-Wen, actuellement âgée de 6 ans. En effet, le week-end, c’est souvent moi qui reprends un peu le relais, quand mon épouse Ingrid doit travailler, car entre les cours à préparer et les corrections d’épreuves, il y a toujours à faire quand on enseigne l’allemand au collège !

Je reste encore un tout petit peu actif pour le club avec mon rôle de « coach Jeunesse & Sport », soit le lien entre les entraîneurs et Jeunesse & Sport, en particulier pour l’annonce des entraînements et le contrôle des présences. On verra si Jing-Wen va à son tour devenir une mordue de l’athlétisme. Si oui, elle entraînera évidemment son papa sur le stade et je risque de redevenir plus actif pour le Stade Genève, mais pour l’heure, elle apprécie surtout les activités tranquilles d’intérieur comme la lecture, l’écoute de musique, etc. Alors, affaire à suivre pour savoir si je reviendrai de ma petite famille qui me comble en se moment à la grande famille de l’athlétisme au Stade Genève, qui m’a tant apporté depuis 30 ans…

En tout cas, je dis un grand merci et bravo à tous les entraîneurs et autres bénévoles pour leur dévouement et leur générosité !