Les News du Stade Genève

121ème Marathon de Boston (17 Avril 2017)

Écrit par Pierre-André d'ARBIGNY.

Charles Navarro, Président des Gobe-Bitume :
 
Le Marathon de Boston est un monument de la course à pied à plusieurs titres.
C’est au monde le plus ancien Marathon à avoir été organisé sans discontinuer depuis 1897. C’était cette année la 121ème édition. C’est aussi l’un des plus importants en nombre de participants.
De nombreux évènements heureux et malheureux en ont fait une course mythique.
L’attentat terroriste de 2013 est encore dans toutes les mémoires. De nombreux drapeaux sur le parcours montrent que les bostoniens n’ont pas oublié.
   
Mais on se rappelle aussi les images de l’une des pionnières de la discipline, Kathrine Switzer, courant clandestinement l’édition de 1967 (la compétition n’était pas ouverte aux femmes) avec un officiel essayant de la tirer hors du parcours. Cette année, 50 ans après, Kathrine Switzer s’est à nouveau alignée au départ, commémoration de sa course fondatrice et libératrice des femmes pour et par le marathon. Les images de cette femme de 70ans rayonnante après 04:44:31 de course sont la meilleure publicité qu’on puisse faire pour cette discipline reine de la course à pied
 
   
L’organisation, à Boston, extrêmement professionnelle, est caractéristique des grands marathons étasuniens. Avec énormément de moyens en hommes et en matériel, le budget est, à notre échelle, démesuré. Il attire l’élite mondiale de la distance. La prime aux coureurs est élevée. Cette année $830.500 étaient distribués aux plus rapides.

Le parcours est assez rectiligne et le départ de Hopkinton à 40 Km de Boston imposent une organisation du transport qui implique comme à New York des temps d’attente importants qui ne favorisent pas la performance. En plus de cela, cette année, manque de chance, il faisait chaud.

Mais, pour le coureur des catégories populaires c’est surtout l’afflux massif de spectateurs qui viennent assister à la course et encourager qui impressionne. Nulle part comme à Boston je n’ai vu des gens à ce point enthousiastes. A cet égard le marathon de New York City est une référence mais c’est encore plus fort à Boston. C’est partout des gens qui encouragent « you’re doing good ! » « Keep going ! » Go, go go ! » qui offrent des fruits, des boissons, des glaçons, des sorbets glacés, des gels énergétiques, des sucreries ou simplement des mouchoirs en papier pour essuyer la transpiration. C’est des fanfares et des groupes de rock&roll. Des cœurs à capella. C’est les mains tendues des enfants pour un « check » amical ou des panneaux avec « touch here for a boost ». C’est même sur la route qui longe Wellesley Girl’s College des centaines d’étudiantes avec un panneau « Kiss me » auxquels certains coureurs ne peuvent résister et s’arrêtent pour un baiser fougueux et pas volé.

                     

C’est festif, bon-enfant, c’est l’Amérique sous son meilleur jour. Mais du coup ça t’interdit la défaillance : tu ne marcheras pas, trop de gens te regardent et t’encouragent. Tu ne peux pas les décevoir.
  
A l’entrée dans Heresford street, avant de tourner dans Boylston pour la dernière ligne droite, la clameur du public est assourdissante. Les cris d’encouragement, réverbérés par les immeubles qui bordent la rue, sont à la limite du supportable, mais c’est le plus puissant des dopants. Tout au long du parcours les spectateurs encouragent et poussent à continuer mais là, on dirait que les vagues d’ondes sonores te portent. La fatigue et la brûlure des quadriceps ont disparu. Les milliers de coureurs arrivés avant toi ne comptent plus. Ton objectif sans cesse révisé à la baisse est oublié. Tu croyais être une petit coureur noyé dans la masse. Non, ils sont là pour toi, ils r'ont attendu. Tu y es arrivé, tu es un héros.
 
 
« Well done ! you look great ! » te dit charitablement la bénévole en te tendant la médaille. Plus loin tu hésites à t’assoir dans le fauteuil roulant gentiment présenté.
Mais tu Mais tu déclines fièrement et poursuis, les jambes raides, de ta démarche de pingoin. Essaieras-tu de faire la queue pour un massage ou t’assiéras-tu pour enlever tes chaussures et compter les ampoules ? Va plutôt pour le massage, si tu t’assoies maintenant pas sûr que tu puisses te relever.
 
Nous étions 3 Gobe-Bitume à partager l’aventure du marathon de Boston.
Malgré les contre-performances sans grande importance et une fois les souffrances oubliées il reste le souvenir du plaisir de cette incroyable ambiance et la fierté d’être arrivé au bout. Merci aux Bostoniens pour cette journée inoubliable !
 
 
De droite à gauche : Daven Rungasamy (03h 23min 47sec/5456ème), Christine Lacroix (04h 44min 32sec/22601ème), Charles Navarro (03h 30min sec/7153ème)