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Dans l'oeil du coach : la musculation chez les jeunes (11 novembre 2019)

Écrit par Pierre-André d'ARBIGNY.

 

LA MUSCULATION CHEZ LES JEUNES 

 

Il est légitime que les parents s’inquiètent lorsque le mot musculation est préconisé pour les jeunes. En ce qui me concerne, je préfère parler de renforcement musculaire.

Mythes, réalités, recommandations

L’entraînement en force est généralement défini comme étant l’utilisation de poids   libres ou  d’appareils de musculation  ayant pour but l’amélioration des différentes qualités musculaires.

Cependant, il devrait surtout comporter, avec des sportifs plus jeunes, l’utilisation  d’exercices  avec le poids du corps et de menus appareils (médecine-ball, élastique, petit banc, barre guidée) ayant davantage pour but l’amélioration des qualités motrices de ses jeunes sportifs.

Questions régulièrement posées

L’entraînement en force peut-il ralentir ou arrêter la croissance chez un jeune. ?

Certaines études rapportent que l’entraînement en force peut ralentir ou arrêter la croissance chez les jeunes.   

Selon ces études le ralentissement ou l’arrêt de la croissance  survient à la suite d’une blessure importante au niveau  de la plaque  croissance. De  plus une  atteinte  de la plaque de croissance d’un membre ne signifie pas que tout le corps subira un arrêt de la  croissance. Seulement  une minorité  des blessures  épiphysaires entraînent des effets négatifs à long terme.

Il est important de spécifier que la plupart des blessures aux plaques cartilagineuses surviennent principalement lors d’un manque de supervision,  lors  de manipulations  de  charges  excessives, surtout au-dessus de la tête, et surtout de mouvements mal exécutés. Il faut toutefois mentionner que ce type de blessures reste peu fréquent.

N’y a-t-il donc aucun risque à la pratique de la musculation chez les jeunes ?

Oui, il y en a, mais pas plus que dans n’importe quel autre sport.

L’entraînement en force est une activité dangereuse pouvant engendrer des blessures chez les jeunes. ?

L’entraînement avec des poids et haltères est sécuritaire et à faible risque de blessures lorsque fait dans un contexte supervisé par une personne compétente.

La supervision par un entraîneur qualifié est nécessaire afin d’assurer une évaluation  des  capacités du   jeune sportif, une bonne exécution  des mouvements ainsi qu’une progression adéquate des charges et du volume d’entraînement. Dans  le  cas  où des blessures  épiphysaires  sont rapportées, les  jeunes  utilisaient  des  charges trop  élevées, et l’encadrement était inadéquat.

Les enfants et adolescents sont des adultes miniatures. ? 

Les scientifiques rapportent, qu’il ne faut en aucun point considérer le corps d’un enfant ou d’un adolescent au même niveau de développement que celui de l’adulte. En effet, la plaque de croissance (plaque cartilagineuse située près des articulations et qui permet à l’os de se développer en longueur) est une région plus fragile chez l’adolescent en croissance. Ce cartilage est particulièrement sensible lors de poussée de croissance. Chez l’adulte, il est complètement soudé. La capacité de tolérer une charge individuelle par l’appareil osseux, cartilagineux, tendineux et ligamentaire, est un facteur limitatif dans l’entraînement de jeunes. Les structures de l’appareil  moteur passif sont en pleine croissance et n’ont pas encore la résistance de celle des adultes.

Deux adolescents du même âge sont au même niveau de maturité.. ? 

Il peut y avoir une différence de maturité biologique pouvant aller jusqu’à 4 ans entre 2 jeunes du même âge. En effet, l’âge où l‘adolescent atteint sa vitesse maximale de croissance diffère d’un jeune à l’autre. Selon une étude en  pédiatrie, la vitesse maximale de croissance est atteinte chez la majorité vers l’âge de 15 ans.

Les recommandations

Les jeunes doivent avoir atteint un niveau adéquat de maturité, selon des études, l’âge de 12-14 ans semble approprié afin de suivre un entraînement lié à la force.

L’encadrement est une nécessité et le ratio jeune/entraîneur devrait-être d’un maximum de 10 jeunes pour 1 entraîneur. De plus, les jeunes doivent comprendre que le but n’est pas de soulever la charge la plus lourde possible mais bien d’utiliser l’entraînement en force comme un moyen d’améliorer leurs capacités musculaires et leur développement moteur.

Les entraîneurs doivent être qualifiés et en mesure de bien diriger les jeunes   dans  leur entraînement. De ce fait, ils   doivent  être capables d’évaluer correctement les aptitudes et les capacités de leur jeune sportif afin  d’établir  une progression adéquate.

Dans un  deuxième temps, ils doivent pouvoir enseigner, démontrer et corriger les mouvements lors de la réalisation des exercices. La priorité doit-être mise sur l’acquisition  d’une technique adéquate,  et non sur la charge utilisée.

A ma connaissance, aucune recherche scientifique n’a établi une combinaison parfaite de séries et de répétitions pour l’entraînement en force chez les jeunes.  Toutefois, 1 à 3 séries de 6 à 10 répétitions par exercice musculaire  et ce pratiquée 2 fois par semaine semble être raisonnable.

Jean Pierre Egger préconise une RM (répétition maximum de 15 idéal 10) en période foncière (cycle extensif) mais non applicable en période de compétition (cycle explosif) = RM de 3-5 X maximum.

CONCLUSION

La pratique de la musculation chez les jeunes est une activité bénéfique, mais doit toujours être pratiquée avec un superviseur compétent, et uniquement avec des exercices appropriés aux capacités du jeune.

 

Article tiré d’une revue sportive Canadienne et transmis par Frédy Auberson

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