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Kenya : Iten, la terre des coureurs de fond (11 novembre 2017)

Écrit par Pierre-André d'ARBIGNY.

Interview d'Ilias Hernandez : 

 

Ilias comme l'année passée tu te retrouves au Kenya pour un stage d'entraînement. Pourquoi Iten ?

Quand on voit le nombre d’athlètes qui à Iten progressent et deviennent très fort mondialement ça donne envie de tenter sa chance. En plus l’an dernier, j’ai vraiment vu une différence en rentrant à Genève quand sur les courses sur route j’étais un niveau au dessus par rapport à l’année précédente. Donc forcément c’est très motivant surtout quand on peut rejoindre un groupe avec de très bons coureurs dans lequel est Julien qui suit le programme du coach (Marco).

Raconte-nous une journée d'entraînement type !

En général, je me levais entre 5h et 6h pour partir à l’entraînement qui commençait à 6h ou 6h30 selon les jours. Soit on partait depuis la maison pour un footing soit on se déplaçait pour faire une séance (piste ou parcours plus roulant qu’à Iten) avec un minibus pour le groupe. Les footings c’était souvent 1h à 15km/h suivit d’un peu de souplesse et parfois quelques allonges et on revenait vers 8h pour le petit déjeuner. Si on partait pour une séance on revenait plutôt vers 9h pour le petit déjeuner. Après cela s’en suit une période de repos jusqu’à 12h pour le repas du midi et ensuite de nouveau du repos jusqu’à 15h30-16h pour soit un footing cool de 30-40min, une séance de renforcement ou les deux. En rentrant, je prenais ma douche et assez rapidement on prenait le repas vers 19h avant d’aller dormir à 20h30. Les journées se résument un peu à courir, manger et dormir.

Est-ce que le programme d'entraînement a été conçut par Marco Jaeger ? Tu lui donnes des feedback réguliers ? Est-ce qu'il y a de la place pour l'improvisation ? 

Marco envoie le plan d’entraînement chaque semaine comme si j’étais à Genève mais en prenant bien sûr en compte le fait que je sois au Kenya et donc avec les habitudes d’entraînement de là-bas (heure d’entraînement, jour de séance, altitude..). Entre les jours de séance, de toute façon c’est des «footings » donc je pars avec le groupe que j’essaie de suivre jusqu’à la fin…c’était un peu dur au début mais plus le temps passait plus c’était facile.

Julien Wanders est le « chef » du groupe donc tout le groupe fait les entraînements selon le programme que lui envoie Marco. Marco m’envoie des séances qui me permettent d’adapter l’entraînement par rapport à mon niveau, pour que je fasse un maximum avec le groupe, donc il n’y a pas vraiment d’improvisation au niveau de l’entraînement.

Est-ce qu'il y a des entraînements en commun pour les athlètes qui se retrouvent là-bas ?

A Iten, il y a des groupes d’entraînement un peu partout donc on peut voir des groupes courir un peu tout le temps mais principalement le matin entre 6h et 7h. A l’endroit ou je vivais, il y avait un grand groupe (environ 50 personnes) qui partait à 6h15 les lundis, mercredis et vendredis pour des « footings » entre 18 et 20km. Tout le monde peut partir avec, il m'est arrivé quelques fois pour changer de faire les footings avec ce groupe.

Il y a également un grand rendez-vous pour un fartleck le jeudi à 9h30 à 4km du centre d’Iten. Il faut arriver échauffé et les séances varient chaque semaine (1’/1’-2’/1’-3’/1’ et ainsi de suite).

Au niveau nourriture est-ce tu manges local ?

Cela dépend des jours. J’avais l’habitude de manger avec Julien (j’habitais juste en face), et donc on se mettait d’accord pour les repas. Il cuisinait environ un jour sur deux de l’ugali. Sinon, c’était rien de spécialement kenyan (riz, pâtes, tomates, oignons, œufs). En revanche on allait 2 midis par semaine dans un petit restaurant d’Iten pour manger et là c’était local (ugali : en blanc sur la photo, chapati : galette, sukuma et managu : légume local, mbuzi : chèvre, matumbo : trippes …). L’avantage c’est que c’était vraiment pas cher et très bon. Le samedi on allait dans un restaurant indien en ville (Eldoret).

(Repas à Iten (matumbo, chapati, mbuzi, ugali)

(Le repas du samedi au Sunjeel Palace à Eldoret)

En cas de blessure ou autre, est-ce que tu peux consulter sur place un médecin du sport, Kiné, masseur ? 

Comme partout, il y a des hôpitaux et donc on peut y aller pour consulter un médecin mais ne connaissant pas de spécialiste je n'en saurais pas vraiment plus sur la qualité du RDV. En revanche pour les massages là pas de problèmes, il y en a plusieurs et c’est peu coûteux donc en général je me faisais masser 3 fois par semaine. En plus la plupart des masseurs sont des athlètes aussi. Je me suis entrainé une fois avec mon masseur d’ailleurs.

Sur cette photo d’ailleurs on peut voir mon masseur au Kenya Makanga qui me masse dans ma chambre sur mon lit avec de l’huile de cuisine :-)

Quelles sont les avantages et inconvénients de se rendre si loin pour un stage d'entraînement ?

Ce qui est bien à Iten, c’est que la plupart des gens sont des athlètes et donc on est entre coureurs et on est bien focalisé sur l’entraînement du coup c’est super pour la récupération contrairement à Genève où on a toujours des choses à faire à coté.

En plus, il y a l’altitude (2300-2400m) pour travailler cardiaquement et musculairement surtout dans les montées, il y a le climat (15-20°C) ni trop chaud ni trop froid pour courir. Il faut dire aussi qu’économiquement mis à part le trajet en avion sur place les choses ne sont vraiment pas chères.

Et pour finir, les routes en terre rouge sont géniales pour courir et il y en a vraiment beaucoup

En revanche l’inconvénient ça va être en cas de forte pluie ou justement les routes en terre rouge sont impraticables et donc il faut aller sur le long de la route en bitume et faire un aller-retour. L’entraînement doit obligatoirement se faire de jour car les routes ne sont pas éclairées.

Tes prochains objectifs ? 

Prochainement je vais me lancer sur quelques courses en ville : Martigny, Bulle et l'Escalade. Cet hiver je compte faire des cross et éventuellement les championnats Suisses en salle et ensuite tout tenter pour faire une belle saison sur piste l’été prochain.

Ton avenir sportif&professionnel tu le vois comment ?

Dans les mois voir années qui viennent, je vais tout tenter pour progresser au maximum et voir jusqu’où je peux arriver afin de ne pas avoir de regret plus tard. Je vais donc dès janvier 2018 repartir au Kenya car c’est vraiment un super endroit pour progresser rapidement.

Ensuite je vais me lancer dans une carrière professionnelle dans le génie civil, le domaine dont je viens de finir mes études fin août.

Merci au Stade Genève de me soutenir dans mes projets et à Pierre-André d'Arbigny pour son interview.

 

 

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