Les News du Stade Genève

Dans l'oeil du coach : Frédy Auberson nous présente son groupe spécialisé dans la longueur et le triple saut

Écrit par Pierre-André d'ARBIGNY.


De gauche à droite : 

Amélie Harbich (U20)  5,19 en longueur, 11,21 au triple saut 5ème place au championnat suisse 2017, Matteo Zecca (U23) 5,90 en longueur, Estelle Delamare (U20) 5,04 en longueur, 10,80 au triple saut, Frédy Auberson (coach), Julie Keller (U18) 4,66 en longueur, 

Rangée du haut de gauche à droite :

Louis Mallet (U18) 6,66 en longueur, 13,18 au triple saut 2 ème place au championnat suisse 2017, Annaïg Stettler (U20) 5,05 en longueur, Renaud Cuenad (U20) 6,10 en longueur, Juliana Soares (U14) 4,99 en longueur, 9,80 au triple saut 10ème au championnat suisse U16 2017, Victoria Kämpfen (U16) 4,67 en longueur

Frédy peux-tu nous présenter ton groupe ?

Mon groupe est jeune, voire très jeune. Les plus anciens (es) n’ont que 20 ans, et la plus jeune 13 ans. Moyenne d’âge 17 ans et demi. C’est un groupe qui a une grande marge de progression pour les performances. Certains éléments pourraient briller à l’avenir, si la volonté et la motivation reste les mêmes, voire se décuplent.

Parle nous un peu de toi

J’ai découvert l’athlétisme à 13 ans dans une carrière de sable désaffectée à Vallorbe dans le Jura Vaudois. Avec des amis nous avions construit nous-même une fosse de sable et la piste d’élan, ainsi qu’un sautoir en hauteur.

1959, date qui correspond à mon arrivée à Genève. Je me suis présenté au CAG, mais le président me trouvait trop jeune, et ne voulait pas de moi. Le club n’avait pas à ce moment-là de catégorie minime. J’ai tellement insisté qu’il a fini par céder. Dès 1972, j’ai commencé à entraîner des athlètes pour le saut en longueur et le triple saut. J’ai fait un break de 1980 à 1991 pour rester en famille. De 1991 à 2001 j’ai reconstitué un groupe longueur avec des très grandes satisfactions à la clé. En effet, ce groupe a remporté 8 titres de champion suisse et 2 records suisse. Titre en catégorie cadet pour le saut en longueur et triple saut, titre junior en longueur, et titre en longueur pour les femmes.

2001 à nouveau un break. 2003 à 2013 je me suis occupé de la préparation physique dans un club de football en Haute Savoie, pour l’équipe féminine, senior, 13 ans et 11 ans. La passion de l’athlétisme m’a ramené au bord des stades dès 2013. J’ai repris goût à mon rôle d’entraîneur grâce à deux filles du Stade Genève, Annaïg Stetller et Julie Racaud ensuite tout s’est enchaîné. J’étais membre du CAG et j’entraînais que des athlètes du Stade Genève. Perturbé par cette situation, j’ai décidé de démissionner du CAG pour rejoindre le Stade Genève octobre 2016.

Décris nous tes séances d’entraînements types

Je suis présent pour 3 séances dans la semaine plus pour les compétitions à Genève et extérieur. Le lundi débute par une séance d’éducatifs qui dure 30 à 40 minutes, et qui va des pieds jusqu’au haut du corps, afin d’échauffer tous les groupes musculaires dans l’optique du travail technique qui va durer une heure quinze à une heure trente minutes. Travail essentiellement sur la qualité du pied, l’amplitude de la foulée, et de la fréquence de celle-ci, travail de vitesse en virage, et ligne droite. Ce travail sera suivi par des impulsions avec élan réduit, travail du ramené. Ce sont des phases où j’insiste beaucoup sur le relâchement, et le fait de prendre du plaisir. Le mardi est réservé à la musculation où chacun (e) travail selon la planification individuelle que j’ai effectuée pour un cycle de 3 semaines plus une semaine de récupération avec un volume de travail de 40% durant cette 4ème semaine.

La musculation est planifiée en trois cycles. Le foncier est le 1er cycle de 4 semaines, et qui s’intitule le cycle extensif, le deuxième, le cycle intensif qui dure également 4 semaines, puis le cycle explosif en période de compétition. Séances qui vont durer 2h30. Le mercredi n’échappe pas au rituel des éducatifs sur le stade, qui sera suivi d’un travail essentiellement sur la course d’élan, l’étalonnage de celle-ci, et travail des derniers appuis avant l’impulsion. Saut complet ou avec élan réduit.

Avant les grandes échéances, championnat suisse indoor et extérieur, je planifie toujours un stage de préparation dans le Jura pour amener l’athlète dans les meilleures dispositions. L’aspect mental est également abordé lors d’une présentation. L’objectif étant d’obtenir un mental de gagneur, et de gérer le stress lors des compétitions.

Ta définition de l’entraîneur ?

Ma définition de l’entraîneur est dans le mot coach ;

C = Communicateur

O = Orienter

A = Amoureux (passionné)

C = Compétent

H = Honnête

Qu’est qui t’énerve et te plait dans ta fonction ?

La nonchalance dans l’entraînement, l’athlète qui n’est pas à l’écoute. Ce qui me plaît, c’est transmettre ma passion, mon enthousiasme. Fixer des objectifs, et essayer de trouver les outils pour les concrétiser. D’accompagner les jeunes à trouver du plaisir dans l’athlétisme, et de se forger un tempérament de gagneur qui leur sera très utile dans les études et le travail plus tard.

Tu es un coach « connecté » ou en entraîneur à l’ancienne ?

Je ne suis pas un connecté, et pas un entraîneur à l’ancienne. Je suis dans la catégorie U 3ème âge mais U 40 dans ma tête. En définitive, je suis connecté à tout ce qui peut faire évoluer un jeune sur le sautoir.

Quel est ton plus beau souvenir ?

J’en ai deux. La première fois que j’ai dépassé la barrière des 7 mètres. La deuxième, ma première sélection avec l’équipe suisse lors d’une rencontre France – Suisse.

Le plus mauvais ?

J’en ai également deux. Ma rupture totale du tendon d’Achille sur mon pied d’appel lors d’une compétition, et brisé ma « carrière » future d’athlète. L’échec de Emanuelle Devaud Desebe du Stade Genève que j’entraînais, en cause une blessure durant la période de qualification pour obtenir les minimas longueur pour les Jeux de Sydney en 2000

Quel est ta relation avec les athlètes

C’est un bain de jouvence de les retrouver chaque semaine sur le stade. J’ai la chance d’avoir un groupe exceptionnel, ce qui me permet de rester jeune. Ce groupe me pousse à toujours plus m’investir. Chaque semaine, j’ai l’impression de passer un examen avec eux. J’ai l’obligation de maîtriser mon sujet. C’est que du bonheur. J’en redemande.

3 mots pour définir ton groupe

C’est ma cure de rajeunissement. C’est mon doping. C’est mon deuxième bonheur après celui de ma femme, et de mes enfants.

 

 Le groupe découvre lors d'une séance les arts martiaux, en l'occurence la boxe Thai. Fin de séance avec 350 abdominaux

 

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